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Formations IA gratuites : OpenAI et Anthropic font mieux que la plupart des payantes

Deux catalogues gratuits qui valent mieux que la plupart des formations payantes, et ce qu'aucun cours ne tranchera à votre place.

Tapez « formation intelligence artificielle » dans votre moteur de recherche. Vous tomberez sur des dizaines d'offres entre 490 et 3 000 €, vendues avec la même promesse et impossibles à départager avant d'avoir sorti la carte bancaire.

Le prix n'est pas le pire. La date de péremption, si. Un programme conçu au printemps décrit des outils déjà remplacés à l'automne, et vous payez pour un contenu que son auteur n'a pas le temps de réécrire au rythme où les éditeurs d'IA livrent.

Ce qu'une année de Make m'a vraiment laissé

Il y a un peu plus d'un an, je me suis formé à Make, un outil d'automatisation « no-code », qui relie vos logiciels entre eux sans programmation. J'ai appris à monter à la main des scénarios, les enchaînements automatiques de Make, brique après brique, du déclenchement à la conduite à tenir quand une étape échoue. Des dizaines d'heures. Je savais en m'y mettant qu'une bonne partie de ces connaissances serait jetable, et j'y suis allé quand même : j'apprends volontiers une mécanique neuve, même condamnée d'avance.

Elle l'est devenue. Aujourd'hui je décris ce que je veux à Claude, l'assistant de l'américain Anthropic, ou à ChatGPT, celui d'OpenAI, et le gros du montage se fait sans moi : via un connecteur MCP branché sur Make — un standard grâce auquel un assistant IA utilise un autre logiciel —, ou via une extension de Chrome qui clique dans l'interface à ma place.

Un scénario Make n'est pas une interface. C'est un fichier. Make l'appelle un blueprint (un plan) : c'est du JSON, un format de texte lisible par un humain comme par une machine, et son centre d'aide explique comment l'exporter puis le réimporter. Tout ce qu'un assistant sait faire d'un fichier texte, il sait le faire d'un scénario : l'écrire entier comme le corriger. Le serveur MCP de Make s'appuie d'ailleurs sur ce même fichier, puisque son outil de création monte un scénario neuf à partir d'un blueprint. Une friction demeure. Le centre d'aide le signale : les connexions à vos comptes sont à recréer après l'import.

Ce qu'il me reste de cette année, c'est de savoir ce qu'un scénario doit faire, dans quel ordre, avec quelle reprise sur erreur, et à quel moment il vaut mieux ne rien automatiser du tout. Cette partie-là n'a pas bougé d'un millimètre.

Et si la couche d'automatisation devenait optionnelle

Je vais plus loin, et cette fois c'est une opinion. Si un assistant écrit le scénario puis le corrige lui-même, l'abonnement posé au milieu devient discutable. Les routines et les skills de Claude, des procédures écrites une fois puis rejouées à la demande ou à heure fixe, couvrent déjà une part de ce pour quoi je paie Make. Beaucoup de logiciels en abonnement tiennent aujourd'hui sur une couche mince : des écrans posés sur une base de données et sur quelques appels d'API, ces demandes qu'un logiciel adresse à un autre dans un format convenu. Cette couche-là s'écrit désormais en quelques heures.

Le déclenchement n'est plus l'obstacle : les routines de Claude Code, la version de Claude qui travaille directement dans les fichiers, tournent sur les serveurs d'Anthropic, ordinateur fermé, et démarrent aussi à l'appel d'un autre logiciel.

Reste la fiabilité. Anthropic les classe en version d'essai et refuse toute cadence plus serrée qu'une heure. Sa documentation prévient même qu'un statut vert, dans la liste des exécutions, signale une session terminée sans panne technique, pas une tâche réussie. Un scénario Make déclenché par un appel, lui, part à la seconde.

Ces écarts-là se resserrent vite. Je ne parierais pas sur dix ans.

La leçon vaut pour votre budget formation. Apprendre l'interface d'un outil, c'est parier sur sa survie, et donc sur les choix d'un éditeur que vous ne contrôlez pas. Apprendre à décrire précisément le résultat que vous voulez obtenir, non.

Le 21 septembre, OpenAI a élargi son catalogue

OpenAI a annoncé de nouveaux parcours de formation par métier sur OpenAI Academy, sa plateforme de cours. Le catalogue compte aujourd'hui quatorze cours. Ils se répartissent en quatre parcours : appliquer l'IA à son travail, développer avec l'IA, piloter son adoption en tant que dirigeant, enseigner et apprendre avec elle.

Le centre d'aide d'OpenAI est clair : « Courses are free and do not require a workspace membership », autrement dit gratuits et sans compte d'entreprise. Un compte ChatGPT suffit. Chaque cours se termine par une évaluation. À partir de 80 %, vous décrochez un badge, et un certificat si vous terminez un parcours entier. OpenAI précise que ce ne sont pas des certifications au sens formel.

Anthropic propose la même chose

Sur Claude Academy (academy.claude.com), sa plateforme de cours, l'annonce tient en cinq mots : « Free AI education from Anthropic », une formation à l'IA gratuite. Trois cours pour l'instant. « AI Fluency » (la maîtrise de l'IA), quatorze leçons pour environ quatre heures, construit autour d'un cadre en quatre temps : choisir ce que vous confiez à l'IA, formuler la demande, juger la réponse, assumer le résultat. « AI capabilities and limitations » (capacités et limites de l'IA), treize leçons et trois heures et demie sur ce qu'un modèle de langage, le moteur de ChatGPT comme de Claude, sait faire ou pas. Un troisième, encore en version d'essai, sur le travail en équipe avec des agents, ces IA qui enchaînent seules plusieurs étapes d'une tâche : quarante-cinq minutes.

Je conseillerais le deuxième en premier. Savoir où un modèle dérape vaut mieux que collectionner les astuces pour rédiger un prompt, la consigne donnée à l'IA.

Ce que ça coûte, ce qu'il faut

OpenAI Academy — gratuit, un compte ChatGPT, sur academy.openai.com. Quatorze cours de 30 à 180 minutes, badge à partir de 80 % à l'évaluation.

Claude Academy — gratuit, sur academy.claude.com. Trois cours, de 45 minutes à 4 heures.

Budget : zéro euro. Temps à réserver : un peu plus de huit heures pour les trois cours d'Anthropic, davantage si vous ajoutez un parcours OpenAI.

Trois réserves avant de bloquer votre samedi

La langue d'abord. OpenAI Academy affiche ses menus en français, mais ses cours restent en anglais, et Claude Academy, de son côté, n'annonce aucune version française. Vérifiez la langue avant de vous engager sur un parcours de trois heures.

L'éditeur ensuite. Une formation OpenAI vous apprend à travailler avec les outils d'OpenAI, ce qui est utile et assumé. Personne n'y comparera ChatGPT, Claude et Mistral (l'éditeur français) sur votre cas d'usage, et vous ne saurez pas en sortant lequel des trois convient à votre activité.

Le dernier point est le plus gênant. Ces cours enseignent l'outil, jamais votre métier. Aucun module ne vous dira si vos impayés se règlent par un agent, par un scénario Make ou par un coup de fil que vous repoussez depuis trois semaines.

Commencez par le gratuit

Ces deux catalogues valent mieux que la majorité des formations payantes que j'ai croisées, et ils ne vous coûteront qu'un peu de temps. Ce qu'ils ne feront pas, c'est s'asseoir en face de vous, ouvrir vos vrais fichiers, regarder vos vrais clients et votre vraie semaine, puis trancher entre ce qui s'automatise maintenant et ce qui ne s'automatisera jamais, dans le bon ordre. C'est le travail que je fais avec les dirigeants qui me contactent.

Sources : OpenAI, annonce du 21 septembre 2026 et centre d'aide, consultés le 22 septembre ; catalogue d'OpenAI Academy ; Claude Academy et son cours AI Fluency ; Make, serveur MCP (et sa liste d'outils), blueprints et webhooks ; Claude Code, routines. Autres pages consultées le 26 septembre 2026.

Questions fréquentes

Les cours d'OpenAI Academy sont-ils vraiment gratuits ?

Oui. Le centre d'aide d'OpenAI l'écrit : « Courses are free and do not require a workspace membership », autrement dit gratuits et sans compte d'entreprise. Un compte ChatGPT suffit pour s'inscrire et suivre sa progression.

Existe-t-il une version française de ces formations ?

Aucune n'est annoncée. Le 26 septembre 2026, OpenAI Academy affichait ses menus en français mais ses cours en anglais, et Claude Academy ne mentionnait aucune autre langue. Vérifiez la langue avant de bloquer trois heures dans votre semaine.

Ces badges valent-ils une certification ?

Non, et OpenAI le précise. Un badge s'obtient à partir de 80 % à l'évaluation d'un cours, et terminer un parcours entier donne un certificat de complétion. Ce sont des attestations de suivi, pas des certifications professionnelles reconnues.