Saaspocalypse : j'ai débranché LearnyBox en une après-midi
J'ai refait le tunnel de vente de mon Pack Immobilier en HTML statique, avec l'IA, en moins d'une après-midi : 100/100 sur PageSpeed, plus de 500 €/an économisés. Et si la valeur de certains SaaS était menacée par leurs propres clients ?
Il y a quelques jours, j'ai testé la vitesse de ma page de vente sur mon téléphone. Le verdict de Google était sans appel : 38 sur 100. Plus de 25 secondes pour afficher le contenu principal, près de 13 Mo à télécharger sur une connexion mobile. Cette page vivait sur LearnyBox, une plateforme tout-en-un que je payais chaque année pour héberger mes tunnels et mon produit.
Cette après-midi-là, je l'ai débranchée.
Ce que j'ai fait, concrètement
J'ai repris la même page — la page de vente de mon Pack Starter Immobilier — et je l'ai reconstruite en HTML statique sur mon propre site, avec l'aide de Claude, l'assistant IA d'Anthropic. En moins d'une après-midi. J'ai aussi rebranché moi-même l'encaissement (via Stripe) et la livraison du produit (un espace membre protégé).
Rien d'exotique là-dedans : des briques standard, assemblées une par une, avec une IA qui écrit le code, propose la structure et corrige les détails au fil de la conversation. Là où il fallait autrefois un développeur — ou une plateforme qui fait tout à votre place contre un abonnement — une après-midi de travail guidé a suffi.
Soyons précis, car la nuance compte : ce que j'ai reconstruit en une après-midi, c'est le tunnel de vente — la page, l'encaissement, la livraison. Pas LearnyBox en entier. La plateforme fait bien d'autres choses : webinaires, séquences d'e-mails, CRM. Ces fonctions-là, je les assure autrement, avec des outils que j'ai déjà : Google Workspace pour les webinaires, et un pont entre Stripe et Airtable pour le suivi client — mes acheteurs sont enregistrés dans Stripe, recopiés dans Airtable, qui me tient lieu de CRM léger. Je n'ai donc pas remplacé toute la plateforme : j'ai débranché la brique dont le prix ne se justifiait plus.
Le résultat, chiffres en main
Comparons la même page, mesurée avec l'outil PageSpeed de Google, sur mobile :
- Avant, sur LearnyBox : performance 38/100, contenu principal affiché en 25,7 secondes, environ 13 Mo de poids, un SEO à 61 — et un contenu noyé sous les scripts.
- Après, en HTML statique : performance 100/100, contenu principal en 1,5 seconde, avec l'accessibilité, les bonnes pratiques et le SEO eux aussi à 100 — et un Agentic Browsing de 3/3, le score maximal.
Autrement dit, la même offre, la même promesse, mais une page qui se charge quinze fois plus vite et qui ne fait plus fuir ni Google ni le visiteur pressé. Et au passage, plus de 500 € d'abonnement annuel qui restent sur le compte.
Et l'abonnement n'est que la partie visible de l'addition. Ces éditeurs en glisser-déposer me prenaient des heures — le pire étant le mobile : une mise en page correcte sur ordinateur se retrouvait cassée sur téléphone, à rattraper réglage par réglage. Au coût de la plateforme s'ajoute donc un coût caché bien réel : le temps perdu à bricoler des pages déjà obsolètes. Reconstruire proprement, une fois, en dialoguant avec une IA, m'a au contraire donné une page pensée d'emblée pour tous les écrans.
Une plateforme facturait chaque année le droit d'héberger une page deux fois plus lourde et quinze fois plus lente que ce que je peux produire moi-même en une après-midi. Formulé comme ça, la question du renouvellement se pose autrement.
Ce dernier score mérite qu'on s'y arrête. L'Agentic Browsing mesure la capacité d'un agent IA à parcourir et comprendre la page — un signal qui compte de plus en plus, à l'heure où une part croissante des visiteurs n'arrivent plus par une recherche classique, mais via un assistant (ChatGPT, Perplexity, Claude…) qui lit la page à leur place et la cite en réponse. Une page statique, au HTML propre et sémantique, se donne à lire d'un bloc ; une usine à gaz de 13 Mo bardée de scripts, beaucoup moins. Être rapide pour Google et être lisible pour un LLM, c'est désormais le même combat : servir le contenu, pas la tuyauterie.
La « saaspocalypse »
Ce basculement porte déjà un nom, venu des États-Unis et repris un peu partout : la saaspocalypse. Pendant quinze ans, le logiciel en abonnement (SaaS) a prospéré sur une promesse simple : « ne codez pas, ne gérez pas l'infrastructure, payez-nous et concentrez-vous sur votre métier ». C'était un marché honnête. Le problème, c'est que beaucoup de ces plateformes ne sont pas de la technologie difficile : ce sont des surcouches de confort — un éditeur de pages, un formulaire, un enchaînement d'écrans — vendues au prix fort.
Or ce confort est précisément ce qu'une IA reproduit le plus facilement aujourd'hui. Quand votre client peut recréer l'essentiel de votre outil en une après-midi, votre pouvoir de fixer le prix s'érode. Ce n'est pas de la magie ni une prédiction fumeuse : c'est un simple arbitrage économique que de plus en plus d'utilisateurs vont être en mesure de faire.
Et ce n'est pas un cas isolé dans ma propre pile d'outils : dans le même esprit, j'ai fini par abandonner mon channel manager Airbnb, un autre abonnement dont le rapport valeur/prix ne tenait plus. J'en avais tiré trois raisons concrètes de s'en passer — la mécanique est exactement la même : dès qu'un outil n'est qu'une couche de confort au-dessus de briques standard, la question de son prix finit par se poser.
Soyons honnêtes sur ce que ça demande
Je ne vais pas vous vendre du rêve : débrancher un SaaS n'est pas à la portée de tout le monde. Il faut savoir lire un peu de code, comprendre ce qu'est un hébergement, un nom de domaine, une clé d'API, brancher un paiement sans laisser traîner un secret, et accepter d'être responsable de ce qui tourne. L'IA abaisse énormément la marche ; elle ne la supprime pas.
Alors, quels logiciels sont à l'abri ?
Si beaucoup de SaaS « confort » sont menacés d'un arbitrage par leurs propres clients, lesquels tiennent encore ? Mon intuition : ceux qui fournissent une infrastructure réellement difficile à reproduire. Les modèles de langage d'abord — personne n'entraîne un LLM dans son garage. Les services de paiement comme Stripe, avec leur barrière réglementaire, bancaire et anti-fraude. L'hébergement et le déploiement, comme Vercel. Le code et son écosystème, comme GitHub, adossé à un effet de réseau. Leur point commun : ils ne vendent pas du confort, mais de la difficulté absorbée — et ça, une IA ne le fait pas disparaître d'un claquement de doigts.
Je ne prétends pas trancher — c'est une réflexion à voix haute, pas une prophétie. À votre avis : dans votre propre pile d'outils, lesquels survivraient si vos clients pouvaient les reproduire en une après-midi ?
Vous avez déjà fait ce calcul sur l'un de vos outils — ou vous pensez au contraire que ces plateformes ont encore de beaux jours ? Partagez votre point de vue sur LinkedIn.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la « saaspocalypse » ?
C'est un terme, un brin provocateur, venu des États-Unis, qui décrit l'érosion de la valeur de certaines plateformes en abonnement (SaaS). Quand une IA permet à un client de reproduire l'essentiel d'un outil « confort » en une après-midi, ce dernier perd son pouvoir de fixer librement son prix. Toutes les plateformes ne sont pas concernées, mais les surcouches facilement réplicables, oui.
Faut-il savoir coder pour débrancher un SaaS comme LearnyBox ?
Pas besoin d'être développeur, mais quelques bases aident vraiment : comprendre l'hébergement, un nom de domaine, une clé d'API, et savoir brancher un paiement proprement. L'IA écrit le code et vous guide, ce qui abaisse fortement la barrière — mais vous restez responsable de ce que vous mettez en ligne. Ce n'est pas magique, c'est accessible à qui veut s'y pencher.
Une page « faite maison » est-elle vraiment plus rapide qu'une page de plateforme ?
Dans mon cas, oui, et l'écart est net : de 38 à 100 sur 100 chez Google, d'un affichage en plus de 25 secondes à moins de 2. La raison est simple : une plateforme tout-en-un charge un lourd bagage technique pour servir tous ses cas d'usage, alors qu'une page statique ne contient que ce dont elle a besoin.
Tous les SaaS sont-ils menacés par l'IA ?
Non. Les outils qui absorbent une vraie difficulté — infrastructure, conformité, effet de réseau, support expert — gardent leur valeur. Ce sont surtout les surcouches de confort, vendues cher pour une valeur technique faible, qui sont exposées à un arbitrage de leurs clients.